Rome déclinante

Le bas empire

La paix romaine a duré deux siècles. C’était trop beau pour perdurer.

Après le meurtre de Commode, le dernier des empereurs dits « antonins », en 192, la dynastie des « Sévère » va occuper le pouvoir durant quatre décennies (192-235). Les Sévère ont peur des Perses à la frontière orientale. Nonobstant quelques attaques germaniques sur le Rhin (Quades en 166, Alamans en 213), des légions font mouvement vers l’est afin de faire face au danger perse. La partie occidentale de l’empire, moins bien défendue, devient alors à nouveau, entre 250 et 260, le champ d’action des Alamans, puis des Francs.

lire l'extrait (pdf) : Qui sont donc ces hommes de Germanie que les Romains appellent des « Barbares ?

Les choses commencent à aller mal dans l’empire. L’anarchie s’installe à Rome, où des empereurs qui se déchirent ne gouvernent plus rien du tout. La dégradation de la situation économique et sociale fait monter la colère (la révolte des Bagaudes durera un siècle), et des états éphémères, s’autoproclamant indépendants, s’établissent un peu partout : « l’empire gaulois » entre 260 et 273, « l’empire d’Asie » entre 255 et 272, « l’empire de Bretagne » entre 287 et 297, « l’empire d’Egypte » entre 292 et 297…

292 : la tétrarchie

Une nouvelle dynastie d’empereurs, dits « illyriens », s’installe. Un homme à poigne remet de l’ordre : Dioclétien (284-305). Il est conscient que l’empire est trop grand. En 292, il organise la tétrarchie, ou gouvernement à quatre (Dioclétien, Galère, Maximien et Constance Chlore). Ce système, très imparfait, s’arrête au bout de vingt ans (292 – 313).

En 313, une guerre civile réduit le nombre des empereurs de quatre à deux (Constantin et Licinius). Cette dyarchie dure dix ans, au bout desquels Constantin fait assassiner Licinius. L’empire redevient une monarchie.

Plusieurs des prédécesseurs de Constantin avaient fait persécuter les chrétiens. Constantin, arrivant au pouvoir en 313, et en accord (pour une fois) avec Licinius, a proclamé, depuis Milan, l’édit de tolérance : dorénavant, les chrétiens ont le droit de pratiquer sans entrave leur religion.

Une nouvelle capitale : Constantinople

Malgré la présence inquiétante des Germains, toujours prêts à pénétrer sur le territoire impérial, Constantin juge la menace perse plus inquiétante encore, et décide de se rapprocher de la frontière la plus menacée : il installe la capitale impériale à Byzance, qui devient Constantino-polis, la ville de Constantin.

Durant tout son règne, Constantin fournit au christianisme des gages de sympathie : en 320, il donne le Palais de Latran à l’évêque de Rome (qui prend, en 324, le titre de « pape ») ; en 321, il rend obligatoire le repos du dimanche, jour réservé à la louange de Dieu ; en 325, il réunit une assemblée d’évêques, et préside ainsi le premier concile œcuménique… Enfin, en 337, peu avant sa mort, il se convertit officiellement à la nouvelle religion. Le christianisme devient religion d’état.

Après les trois fils de Constantin (Constantin II, Constant et Constance II), qui se sont partagé le pouvoir en se livrant entre eux une guerre acharnée, Julien dit l’apostat (361-364) tente de revenir au paganisme. Son règne est trop court pour y parvenir, et son successeur, Jovien, rapporte immédiatement les mesures antichrétiennes de Julien avant de décéder accidentellement après huit mois de règne.

La scission de 395

Après quelques nouvelles difficultés de succession et de partages de pouvoir, Théodose Ier, qui n’a d’abord régné que sur la partie orientale de l’empire, devient empereur unique en 394, mais il décède en 395. Sur son lit de mort, il partage non pas l’empire en deux, mais le pouvoir entre ses deux fils, Honorius et Arcadius. L’empire, à nouveau, est une dyarchie.

Mais cela ne durera guère : les deux moitiés de l’empire dyarchique se séparent en deux empires monarchiques : l’empire romain d’Occident et l’empire romain d’Orient.

L’empire d’Orient sera, durant près de cent ans, entre les mains de quatre empereurs (Arcadius, Théodose II, Marcien et Léon Ier) qui rempliront correctement leurs fonctions. L’empire romain d’Occident a été dévolu au jeune (11 ans), faible et incompétent Honorius. C’est le début de la fin. Dans moins de cent ans, et onze empereurs fantoches plus tard, ce sera chose faite : en 476, l’empire romain d’Occident aura cessé d’exister.

Et les invasions dites « barbares» y seront nettement pour quelque chose …

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